Fermeture de la voyelle /a/ en [ɛ] par hypercorrection

historique

Description du phénomène

Par hypercorrection, la voyelle /a/ peut se fermer en [ɛ] en syllabe fermée par /ʁ/ suivi d’une consonne.

Symboles phonétiques

Pour rendre la fermeture de la voyelle antérieure ouverte /a/, on utilise le symbole de la voyelle mi-ouverte [ɛ].

Exemples

barbe — [bɛʁb] — [baʁb]

clarté — [klɛʁte] — [klaʁte]

parle — [pɛʁl] — [paʁl]

Types de conditionnement

La fermeture peut se produire pour le phonème /a/ en syllabe fermée par /ʁ/ suivi d’une consonne. La consonne située à la suite de /ʁ/ peut appartenir à la même syllabe que /ʁ/, mais également à la syllabe suivante.

Cette règle s’applique occasionnellement dans la plupart des régions du Québec. Le phénomène a notamment été relevé par Sturm (1932) dans la région de Québec et par Lorent (1977) en Beauce. En dehors du Québec, ce phénomène est signalé par Haden (1973) en Acadie et par Hull (1956) dans la région de Windsor en Ontario.

On ne dispose pas de données précises sur le conditionnement social du phénomène.

On ne dispose pas de données précises sur le conditionnement stylistique.

Juneau (1972) relève ce phénomène et l’explique par l’hésitation qui a existé aux XVIe et XVIIe siècles entre les prononciations en [aʀ] et celles en [ɛʀ] devant une autre consonne. En effet, si la prononciation populaire ouvrait /ɛ/ en [a], les classes supérieures s’efforçaient au contraire de maintenir la prononciation [ɛ], ce qui amenait souvent de fausses régularisations.

Liens avec d’autres phénomènes

Voir la rubrique concernant l’ouverture de /ɛ/ devant /ʁ/ + consonne.

Bibliographie

Haden 1973 Hull 1956 Juneau 1972 Lorent 1977 Sturm 1932