Aspiration de l’occlusive sourde /p/
Description du phénomène
En position initiale, la consonne occlusive sourde /p/ fait parfois entendre un souffle d’aspiration après l’explosion. En franco-ontarien, Ricciuti (1968) a observé le phénomène avec les trois occlusives sourdes : /p/, /t/ et /k/.
Symboles phonétiques
Pour indiquer une réalisation aspirée, on utilise le diacritique [ʰ] à la suite de la consonne concernée.
Exemples
pur — [pʰyʁ] — [pyʁ]
poulet — [pʰulɛ] — [pulɛ]
Types de conditionnement
Alors que Brent (1971) et Ricciuti (1968) limitent le phénomène à la position initiale de mot, Beauchemin (1972) soutient qu’il peut se produire en Estrie à l’initiale de toute syllabe, peu importe la position de celle-ci dans le mot.
Beauchemin (1972) a étudié le phénomène en Estrie et Ricciuti (1968) l’a relevé à Toronto. Santerre (1976f) signale pour sa part que l’aspiration se produit dans les régions où l’on observe une influence de l’anglais.
Selon Beauchemin (1972), les locuteurs les plus âgés ainsi que les moins instruits sont ceux qui font le plus d’aspirations. Une étude subséquente menée par Beauchemin (1981) semble toutefois indiquer que les caractéristiques sociales ont moins d’effet que des facteurs micro-géographiques.
On ne dispose pas de données précises sur le conditionnement stylistique.
Selon Beauchemin (1981), il n’existe pas de traces du phénomène en français européen standard ni dans les parlers gallo-romans.
Bibliographie
Beauchemin 1972, 1981 Brent 1971 Ricciuti 1968 Santerre 1976f