Antériorisation de /ɲ/
Description du phénomène
La consonne occlusive nasale /ɲ/ peut, dans certains cas, s’antérioriser et se prononcer [n].
Symboles phonétiques
Pour rendre le /ɲ/ antériorisé, on utilise le symbole de la nasale alvéo-dentale [n].
Exemple
maligne — [malɪn] — [malɪɲ]
Types de conditionnement
Le phénomène ne se retrouve que dans quelques mots. Le fait qu’il s’agisse souvent de formes de féminin (malin / maligne, bénin / bénigne) pourrait suggérer une explication par une régularisation morphologique du féminin.
Le phénomène est attesté régulièrement au Québec, mais seulement dans quelques mots spécifiques.
On ne dispose pas de données précises sur cet aspect du phénomène.
On ne dispose pas de données précises sur cet aspect du phénomène.
D’après Juneau (1972), il s’agit là de traces de l’ancienne hésitation française entre /n/ et /ɲ/ aux XVIe et XVIIe siècles, aussi bien dans le peuple que chez les grammairiens. L’arrivée de patoisants originaires du Nord-Ouest et de l’Ouest de la France a pu contribuer à maintenir cette hésitation au Québec.
Liens avec d’autres phénomènes
Voir la rubrique concernant la palatalisation de /n/ + /j/ en [ɲ].
Bibliographie
Juneau 1972 Lorent 1977