Fausse liaison

essentiel

Description du phénomène

On insère parfois une consonne épenthétique [n], [t] ou [z] entre deux mots même si cette consonne ne correspond pas à la consonne latente de la liaison normale, d’où l’appellation de fausse liaison.

Symboles phonétiques

On transcrit la consonne [n], [t] ou [z] produite.

Exemples

ça va être beau — [savɔtɛtbo] — [savɔɛtbo]

je suis allée — [ʃtale] — [ʃɥiale]

tu en veux — [t͜synɑ̃vø] — [t͜syɑ̃vø]

ils leur en donnent — [iløzãdɔn] — [ilœʁãdɔn]

parle moi en (parle m’en) — [paʁlmwazɑ̃] — [paʁlmɑ̃]

neuf enfants — [nœfzɑ̃fɑ̃] — [nœfɑ̃fɑ̃]

Types de conditionnement

Cette insertion des consonnes [n], [t] ou [z] se produit entre la voyelle finale d’un mot et la voyelle initiale du mot suivant. Comme la liaison normale, elle a pour fonction d’éviter d’avoir deux voyelles en hiatus. Elle se distingue de la liaison normale par le fait que ce n’est pas la consonne latente attendue qui est produite. Les contextes dans lesquels on trouve cette fausse liaison suggèrent qu’elle n’est sans doute pas sans relation avec des phénomènes de régularisation morphologique.

Le phénomène est attesté dans la variété populaire au Québec tout comme en France.

On ne dispose pas de données précises sur cet aspect du phénomène.

On ne dispose pas de données précises sur cet aspect du phénomène, mais le phénomène semble relever aussi bien du style informel que de l’hypercorrection.

D’après Juneau (1972), les grammairiens condamnent de telles prononciations depuis le XVIIe siècle. Le phénomène est encore courant de nos jours dans les patois du Nord et de l’Ouest de la France.

Bibliographie

Brent 1971 Dumas 1987 Juneau 1972 Santerre 1976f