Prononciation du /t/ final orthographique
Description du phénomène
Le « t » orthographique final de certains mots est prononcé en français québécois populaire.
Symboles phonétiques
Pour rendre le « t » final prononcé, on utilise simplement le symbole [t].
Exemples
j’ai tout compris — [ʒetʊtkɔ̃pʁi] — [ʒetukɔ̃pʁi]
nuit — [nɥɪt] — [nɥi]
il a fait froid — [jɑfɛtfʁa] — [jɑfɛfʁa]
Types de conditionnement
Pour être prononcé, le « t » final doit être précédé d’une voyelle.
Le phénomène a été attesté au Canada.
Cette prononciation est caractéristique du parler populaire.
On ne dispose pas de données concernant cet aspect du phénonème.
Ce phénomène est le prolongement du processus déjà observé en français standard, par exemple, pour les mots but, fait, août. D’après Juneau (1972), à Paris au XVIIe siècle, une mode savante tenta de restituer le /t/ final dans certains mots. Cette prononciation, qui s’avéra sans lendemain, peut avoir traversé en Nouvelle-France. Mais c’est fort probablement des dialectes que provient le /t/ final (Vendée, Charentes, Nord et Nord-Est de ces régions).
Liens avec d’autres phénomènes
Voir la rubrique concernant la prononciation d’un /t/ final non orthographique.
Divers
Le phénomène est observé également dans les noms propres tels que Chabot, Ouellet, Talbot, Boutet, où l’on a souvent des doublets sans /t/ et avec /t/, sans que la forme avec /t/ prononcé ait une connotation populaire.
Bibliographie
Gendron 1966a, 1970 Juneau 1972 Lemieux-Nieger, Leblanc et Paquin 1981 Lorent 1977 Pupier et Grou 1974 Vinay 1973 Walker 1979, 1984
https://french.stackexchange.com/questions/36224/facteurs-dans-la-prononciation-de-but