Allongement acquis
Description du phénomène
En français, les voyelles tendues /ø/, /o/, /ɑ/, les nasales /ɛ̃/, /œ̃/, /ɔ̃/, /ɑ̃/, de même que la voyelle /ɜ/ [ɛ:] de fête, problème, maître sont longues en syllabe fermée accentuée. En français québécois, cette longueur peut aussi se retrouver en syllabe ouverte non accentuée.
Symboles phonétiques
Pour rendre l’allongement de ces voyelles, on utilise les [:] postposés à la voyelle en cause.
Types de conditionnement
En français québécois, comme en français général, certaines voyelles sont historiquement longues. Cette durée intrinsèque s’actualise phonétiquement en syllabe fermée par n’importe quelle consonne ; cette longueur est toujours présente en syllabe accentuée. L’allongement peut s’étendre à toute syllabe ouverte et non accentuée particulièrement dans des dérivés morphologiques.
L’allongement en syllabe entravée est général dans toutes les variétés de français. Dumas (1981) considère que l’allongement en syllabe ouverte est caractéristique du français québécois comme de certains parlers du Nord de la France et de la Belgique où la longueur semble jouer un rôle plus important. On notera également que, selon les régions, on trouvera des formes concurrentes pour certains mots comportant une voyelle antérieure mi-ouverte : baleine, arrête.
L’allongement acquis est un phénomène commun à tous les groupes sociaux. En ce qui concerne la concurrence des formes pour les mots du type baleine, haleine, il semble que les variantes longues et généralement diphtonguées soient plus stigmatisées.
L’allongement se retrouve dans tous les styles.
Ces voyelles longues sont issues, pour la plupart, de la réduction de deux ou plusieurs segments vocaliques ou consonantiques :
(latin) movita > (ancien français) muete > meute (latin) bestia > (ancien français) beste > bête
Liens avec d’autres phénomènes
Voir les rubriques concernant l’allongement conditionné, la diphtongaison et la postériorisation de la voyelle /a/.
Bibliographie
Dumas 1981, 1986, 1987 Santerre 1974 Walker 1984