Réduction du groupe consonantique final
Description du phénomène
En finale de mot, les groupes de deux ou plusieurs consonnes se simplifient par la perte d’un ou de plusieurs éléments finals.
Symboles phonétiques
La consonne non prononcée n’a évidemment pas à être transcrite.
Exemples
manifeste — [manifɛs] — [manifɛst]
peuple — [pœp] — [pœpl]
pauvre — [pov] — [povʁ]
orchestre — [ɔʁkɛs] — [ɔʁkɛstʁ]
Types de conditionnement
La ou les dernières consonnes tombent en finale absolue ainsi que devant une voyelle ou une consonne. La simplification des groupes de consonnes finales se produit dans pratiquement tous les contextes, sauf dans les groupes :
liquide + consonne (barbe, merle, golf, corne)
occlusive + fricative (taxe, éclipse)
Le phénomène est attesté dans tout le Québec et de façon plus particulière à Montréal, par Pupier et Drapeau (1973), Kemp, Pupier et Yaeger (1980), ainsi que par Santerre (1976) ; il est observé en Beauce par Lorent (1977). Flikeid (1984) le relève dans le Nord-Est du Nouveau-Brunswick. Le phénomène est aussi bien attesté en français européen (Juneau 1972, Malécot et Richman 1972).
Kemp, Pupier et Yaeger (1980) notent que la réduction, très générale dans le parler vernaculaire, diminue avec le niveau d’utilisation du français standard. Flikeid (1984) obtient des résultats similaires en Acadie.
Santerre (1976f), tout comme Kemp, Pupier et Yaeger (1980), observe que le taux de conservation des groupes de consonnes finales est plus important en style formel.
D’après Juneau (1972), l’amuïssement des consonnes /l/, /m/, /ʀ/ et /t/ précédées d’autres consonnes est largement attesté au XVIIe siècle dans le parler populaire de l’Ile-de-France, tout comme dans les patois du nord de la France.
Liens avec d’autres phénomènes
Voir la rubrique concernant la chute de /ʀ/.
Bibliographie
Flikeid 1984 Juneau 1972 Kemp, Pupier et Yaeger 1980 Lorent 1977 Malécot et Richman 1972 Pupier et Drapeau 1973 Santerre 1976f Walker 1984