Les phénomènes phonétiques répertoriés
Les informations caractérisant les phénomènes phonétiques répertoriés ont été obtenues en dépouillant et en synthétisant les travaux de phonéticiens, de phonologues et de linguistes qui, depuis plus de 100 ans, se sont intéressés au français en usage sur ce territoire. Cependant, la bibliographie proposée ne vise pas à être exhaustive. Qui plus est, ce site ne vise pas à se substituer aux travaux scientifiques sur lesquels il s’appuie et auxquels il est redevable. La forme synthétique et vulgarisée retenue ne permet pas de proposer des descriptions aussi approfondies et aussi nuancées que celles présentées dans les références bibliographiques originales. Par conséquent, l’utilisateur qui souhaiterait approfondir une question dans une perspective scientifique aura avantage à se référer aux sources bibliographiques indiquées tout en complétant sa recherche bibliographique.
Le menu de droite permet à l’utilisateur de restreindre ou d’étendre la liste des phénomèmes visibles dans la liste en fonction de différentes catégories pré-établies. Un phénomène peut appartenir à plusieurs de ces catégories.
| Titre | Description | Temps de lecture |
|---|---|---|
| Affrication de /t/ et /d/ | Quand elles sont suivies par les voyelles fermées antérieures /i/ et /y/, de même que par les semi-consonnes /j/ et /ɥ/, les consonnes /t/ et /d/ ont tendance à être affriquées en [t͜s] et [d͜z]. | 4 min. |
| Ouverture de la voyelle /ɛ/ devant /ʁ/ en syllabe fermée | La voyelle /ɛ/ s’ouvre en [a] en syllabe fermée par /ʁ/ suivi d’une consonne. | 2 min. |
| Fermeture de la voyelle /a/ en [ɛ] par hypercorrection | Par hypercorrection, la voyelle /a/ peut se fermer en [ɛ] en syllabe fermée par /ʁ/ suivi d’une consonne. | 2 min. |
| Ouverture de la voyelle /ɛ/ de finale absolue | La voyelle /ɛ/ peut s’ouvrir en [æ] et même en [a] dans certains cas extrêmes en position finale de mot. | 2 min. |
| Aspiration de l’occlusive sourde /p/ | En position initiale, la consonne occlusive sourde /p/ fait parfois entendre un souffle d’aspiration après l’explosion. | 2 min. |
| Affaiblissement de /ʃ/ et /ʒ/ | La constriction des consonnes /ʃ/ et /ʒ/ peut parfois se relâcher jusqu’à ne faire entendre qu’un faible bruit de friction ou même un simple souffle (sourd ou sonore). | 3 min. |
| Bilabialisation de /f/ | Le phonème /f/ peut devenir bilabial en contact avec une voyelle labialisée. | 1 min. |
| Antériorisation de la voyelle nasale /ɑ̃/ | La voyelle nasale postérieure /ɑ̃/ est souvent réalisée en français québécois comme une voyelle antérieure nasalisée [ã], parfois même légèrement fermée en [æ̃] | 2 min. |
| Antériorisation de /a/ | Le /a/ québécois est généralement plus antérieur et un peu plus fermé que le /a/ du français européen standard. | 2 min. |
| Désonorisation des voyelles fermées | Les voyelles /i/, /y/, /u/ se désonorisent lorsqu’elles sont en contact avec des consonnes sourdes, c’est-à-dire qu’elles sont prononcées sans vibration des cordes vocales. | 2 min. |
| Désonorisation des semi-consonnes /j/ et /ɥ/ | Les semi-consonnes /j/ et /ɥ/ se désonorisent lorsqu’elles au contact de consonnes sourdes. | 1 min. |
| Réduction et syncope des voyelles fermées | Les voyelles fermées /i/ /y/ /u/ ont tendance, dans certaines conditions, non seulement à se désonoriser, mais aussi à s’abréger et à se réduire jusqu’à disparaître complètement. | 2 min. |
| Antériorisation de /ɲ/ | La consonne occlusive nasale /ɲ/ peut, dans certains cas, s’antérioriser et se prononcer [n]. | 1 min. |
| Désonorisation de /g/ | Dans certains mots, l’occlusive /g/ se désonorise et se prononce [k]. | 2 min. |
| Antériorisation et ouverture de /ɔ/ en [a] | Dans certains mots, la voyelle mi-ouverte et postérieure /ɔ/ s’antériorise et s’ouvre en [a]. | 1 min. |
| Centralisation de /ɔ/ | Dans certains cas, la voyelle /ɔ/ se centralise et devient un schwa [ə]. | 1 min. |
| Hésitation entre /l/ et /n/ | La consonne /l/ peut être remplacée par [n] dans certains mots, tandis que la consonne /n/ peut devenir [l] dans d’autres. | 2 min. |
| Hésitation entre /l/ et /ʀ/ | La consonne /l/ est quelques fois remplacée par /ʀ/ et inversement. | 1 min. |
| Épenthèse de /j/ | Il y a parfois apparition d’un son /j/ épenthétique entre deux voyelles. | 1 min. |
| Fausse liaison | On insère parfois une consonne épenthétique [n], [t] ou [z] entre deux mots même si cette consonne ne correspond pas à la consonne latente de la liaison normale. | 2 min. |
| Chute de /f/ en finale de mot | La consonne /f/ subit une apocope, c’est-à-dire qu’elle chute ou s’amuït, en finale de mot. | 2 min. |
| Chute de /v/ | Dans certains mots, la consonne /v/ peut ne pas être prononcée. | 1 min. |
| Prononciation du /t/ final orthographique | Le « t » orthographique final de certains mots est prononcé en français québécois populaire. | 2 min. |
| Prononciation d’un /t/ final non orthographique | Un /t/ qui n’existe pas dans l’orthographe est prononcé en finale de certains mots. | 1 min. |
| Harmonisation vocalique | Il s’agit de la tendance à rapprocher le timbre d’une voyelle, en syllabe ouverte non finale, du timbre de la voyelle accentuée qui suit. En français québécois, l’apparition de ce phénomène est surtout induit par le relâchement des voyelles fermées. | 2 min. |
| Vélarisation de la consonne /ɲ/ | La consonne /ɲ/ est vélarisée en /ɳ/ lorsqu’elle apparaît en position finale de syllabe. | 1 min. |
| Assimilation du trait nasal | Les occlusives sonores /b/, /d/, /g/ se nasalisent lorsqu’elles sont précédées ou suivies d’un segment vocalique ou consonantique nasal. | 1 min. |
| Palatalisation de /n/ + /j/ en [ɲ] | L’occlusive /n/ suivie de /j/ se palatalise en [ɲ]. | 1 min. |
| Chute de /v/ devant /w/ | La consonne /v/ tombe lorsqu’elle est suivie de la semi-consonne /w/ | 1 min. |
| Postériorisation de la voyelle /a/ | La voyelle ouverte /a/ a tendance à être réalisée comme un [ɑ] postérieur lorsqu’elle se trouve en finale absolue ou lorsqu’elle est suivie d’une des deux consonnes allongeantes /z/ ou /ʁ/. | 7 min. |
| Fermeture de la voyelle /ɑ/ | En finale absolue accentuée et en syllabe intérieure de mot inaccentuée, le /ɑ/ peut se fermer en [ɒ] ou en [ɔ]. Le phénomène peut aussi s’appliquer au [ɑ] résultant de la postériorisation du /a/. La prononciation du son [ɒ] est plus fermée que celle du [ɑ] et se confond pratiquement avec celle du [ɔ]. | 2 min. |
| Variantes de /wa/ | La diphtongue /wa/ connaît plusieurs réalisations phonétiques en français québécois. Ces variantes sont tantôt conditionnées par l’environnement linguistique, tantôt liées à des items lexicaux particuliers. | 5 min. |
| Allongement conditionné | Allongement d’une voyelle en syllabe fermée par une consonne dite allongeante, soit les consonnes /ʁvzʒ/ et le groupe consonantique /vʁ/. | 2 min. |
| Allongement acquis | En français, les voyelles tendues /ø/, /o/, /ɑ/, les nasales /ɛ̃/, /œ̃/, /ɔ̃/, /ɑ̃/, de même que la voyelle /ɜ/ [ɛ:] de fête, problème, maître sont longues en syllabe fermée accentuée. En français québécois, cette longueur peut aussi se retrouver en syllabe ouverte non accentuée. | 2 min. |
| Réduction du groupe consonantique final | En finale de mot, les groupes de deux ou plusieurs consonnes se simplifient par la perte d’un ou de plusieurs éléments finals. | 2 min. |
| Variantes de la consonne /ʁ/ | La consonne /ʁ/ connaît un très grand nombre de réalisations phonétiques en français québécois, parmi lesquelles les variantes [ʁ], [r], [ʀ] et [ɹ] sont les plus fréquentes. Il existe également des contextes dans lesquels /ʁ/ tombe ou se vocalise. | 4 min. |
| Chute de la consonne /ʁ/ | Chute (ou amuïssement) de la consonne /ʁ/ dans certains contextes. | 3 min. |
| Diphtongaison | En français québécois, les voyelles longues sont souvent réalisées comme des diphtongues, c’est-à-dire des voyelles dont le timbre change en cours d’émission. | 3 min. |
| Relâchement des voyelles fermées | En français québécois, les voyelles /i/, /y/, /u/ ont tendance à se relâcher, c’est-à-dire à s’ouvrir et à se centraliser légèrement, en syllabe fermée. | 2 min. |
| Dissimilation vocalique | Il existe, dans certaines variétés de français québécois, une tendance à ouvrir les voyelles fermées en syllabe non finale lorsque celles-ci sont suivies d’une voyelle fermée non relâchée en syllabe finale ou non. | 2 min. |
| Relâchement des voyelles fermées devant /vzʒ/ | Dans certaines variétés du franco-québécois, les voyelles fermées présentent une tendance à s’ouvrir et à se centraliser (c’est-à-dire à se relâcher) devant les consonnes /vzʒ/. | 2 min. |
| Palatalisation de /t/ et /d/ et de /k/ et /g/ | Les consonnes occlusives non labiales ont tendance à se palataliser devant les voyelles antérieures non ouvertes ou devant les semi-consonnes palatales [j] et [ɥ]. L’occlusive /g/ peut également se palataliser en [j] en finale de mot. | 4 min. |
| Effacement du schwa | Le schwa tombe dans certains contextes. Cette règle est facultative et fort complexe. Elle s’applique sur les mots pleins, mais surtout sur les pronoms non accentués et sur certains mots-outils. | 4 min. |
| Métathèse des groupes consonantiques /ʁə/ et /lə/ | Les groupes /ʁə/ et /lə/ ont tendance à devenir /əʁ/ et /əl/ respectivement. On appelle métathèse ce phénomène d’interversion. | 2 min. |